Parfois, on se lasse d’un milieu dans lequel on a vécu, ou d’amis avec lesquels on a été témoin d’événements dont nous avions les mêmes interprétations, ou du moins des interprétations qui semblaient nous conduire vers les mêmes résultats.
Pourtant, les convictions ne sont jamais totalement claires pour autrui, car elles peuvent engendrer des expressions différentes selon les intérêts du moment présent, selon les circonstances, ou selon ce que chacun cherche à préserver.
Ainsi, lorsque nous sentons que ce passé commence à nous déranger, même si c’est parfois en puisant dans ce même passé que nous construisons notre présent, lorsqu’il commence à brouiller notre chemin et que nous ne pouvons pas le changer; puisqu’il appartient désormais au passé et que le retour dans le temps ne peut être entrepris, du moins pour l’instant ; il faut comprendre que ce qui nous dérange n’est pas uniquement le passé lui-même, mais aussi l’interprétation que nous en avons construite.
Or, l’interprétation est toujours liée à un contexte : des lieux, des odeurs, des sensations, des perceptions issues des organes de nos sens, ou peut-être d’autres sens que nous ne connaissons pas encore.
Tout cela a existé et existe encore, mais demeure incapable de s’exprimer pleinement à travers les sons ou l’écriture. Ce qui reste alors, ce sont les témoins oculaires.
Ces témoins sont liés à nous par des liens de sang, d’amitié, qu’elle soit fondée sur le plaisir, l’utilité ou la vertu, selon la classification d’Aristote. Ils deviennent parfois l’obstacle qui nous impose, nous contraint ou, plus simplement, nous maintient dans une forme de déni.
Pourtant, ces mêmes témoins ont longtemps représenté la force qui nous attachait profondément à ce contexte. Ils nous ont enracinés dans un entourage dont nous tirions profit, dont nous nous imprégnions, et auprès duquel nous puisions les ressources nécessaires pour nous reconstruire et avancer.
Lorsque cet équilibre se rompt, la solution qui semble parfois s’imposer est la fuite :
- Fuite physique ;
- Fuite psychique ;
- Fuite sociale.
L’essentiel devient alors la recherche d’autres cieux, d’autres horizons capables de nous apporter un sentiment de soulagement. Des lieux où nous pourrions oublier ce que nous étions, d’où nous venons, et nous autoriser à (nous exprimer plus librement).
Des espaces où il nous serait possible de vivre davantage en accord avec ce que nous sommes réellement, d’apaiser notre conscience ou, du moins, de nous libérer des contraintes que nous considérions comme la source de notre souffrance et de notre enfermement.
Mais cette fuite constitue-t-elle réellement une libération, ou n’est-elle qu’un déplacement du problème vers un autre décor ?
C’est un phénomène complexe, auquel nous reviendrons ultérieurement afin d’en approfondir les mécanismes et les conséquences.
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(À suivre…)
Published by Hassane Loukili … - psychologie & sociologies